Pierre Guénin

1990 - LA MORT D'UN AMI





Journal intime, « La mort d’un ami »
Je fixe jusqu’à l’engourdissement de mes paupières
Le profil du jeune Toutankhamon
sur un parchemin ramené d’Egypte.
Les dessins bleu et or
de son effigie
atteignent par flaques
Mon mirador.
Passe-muraille
Traversant le miroir mou de Cocteau,
Je plonge dans le trou noir
D’un univers entre parenthèses,
Entre Dehors et Dedans
no man’s land
entre Guerre et Paix,
Instable et Stable,
Je deviens le spectateur impassible
Du monde qui m’habite,
ébloui par le fil de lumière sans fin
qui s’infiltre dans mon fleuve écarlate,
pour se servir de mon corps où tout s’active
bouillonne
s’imbrique
et se jette
dans ma machine cervicale,
chou-fleur hideux
aux sinueuses nervures violacées.

Choqué par la mort de l'être qu'il aimait le plus au monde, Pierre amorce une descente au enfer.
Sous la forme d'un journal, ces aveux teintés d'émotion, de fantastique et de poésie font de "La Mort d'un ami" un envoutant récit à suspense qui aborde simplement mais de front, le surnaturel et le paranormal.
Tous ceux qui s'intéressent aux expériences cognitives et surtout ceux qui ont perdu un être cher seront intrigués et conquis par la trajectoire accomplie par Pierre Guénin.

Patrick Poivre d'Arvor (émission "Ex-Libris" de juin 1991 : ..."Un livre vraiment bouleversant".

Hugo Marsan (Gai Pied): "Comme Hervé Guibert avec "La Mort propagande" - textes inédits publiés par Régine Desforges, - [...] la mort est aussi au rendez-vous du journal intime de Guénin, connu du Tout-Paris cinématographique et homosexuel. "La mort d'un ami" est l'histoire vraie d'un choc après la perte du compagnon Butch, décédé des suites d'une opération du coeur râtée[...] c'est dans un désir de laisser une "trace", violent chez les deux auteurs, ces "mots propagande" contre la terreur de l'oubli que se fait le lien[...] dans cette volonté folle d'autarcie que Guénin s'apparente à Guibert.